Se réconcilier sur l'oreiller : bonne ou mauvaise idée ?

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Vanté par certains et détesté par d’autres, le sexe de réconciliation – aussi appelé « make-up sex » – consiste à faire l’amour avec son partenaire après une dispute. Parfois synonyme de passion, il a aussi ses effets pervers. Alors, bonne ou une mauvaise idée ? Fourchette & Bikini vous dit tout !

L’état de tension, un stimulant à l’excitation sexuelle

Après une dispute conjugale, il vous arrive d’être parcourue d’une puissante envie de faire l’amour ? Rien de surprenant à cela ! Puisque dans le cerveau, les zones activées lorsque vous êtes en colère ou que vous avez peur sont les mêmes que lorsque vous éprouvez du désir sexuel. Non seulement votre cerveau sécrète des hormones similaires – voire identiques – mais votre corps aura aussi des réactions physiques semblables, comme l’accélération de votre rythme cardiaque. Cette stimulation naturelle peut entraîner une confusion et ainsi augmenter votre excitation.

Par l’éloignement qu’elles créent, les disputes peuvent aussi exacerber l’attachement à l’autre. La peur de perdre son partenaire génère une montée l’adrénaline, qui elle-même amplifie le besoin de proximité charnelle et l’intensité de l’acte sexuel.

Un moyen intense de sceller la réconciliation

Les hormones et neurotransmetteurs libérés lors d’une dispute – comme la noradrénaline ou la testostérone – ont des caractéristiques stimulantes…et excitantes ! A l’inverse, les hormones générées lors d’un rapport sexuel – comme la prolactine, la sérotonine et l’ocytocine – peuvent rééquilibrer cet état de tension grâce à leurs vertus apaisantes. En plus de détendre le corps et l’esprit, le sexe permet de signaler à l’autre que malgré un différent, l’amour a gagné la bataille contre le conflit ! L’activité charnelle vient ainsi sceller la fin d’une dispute, pour confirmer la paix. Sans dire mot, on déclare : « Malgré notre désaccord, je t’aime toujours ». C’est une façon de se réunifier et de consolider une relation amoureuse.

L’acte sexuel, à ne pas remplacer par une conversation

Mais si l’acte sexuel vient apaiser les tensions, il ne doit pas être l’unique moyen de réconciliation. Il ne peut remplacer une conversation et ne peut résoudre en profondeur un conflit. Il s’agit donc de ne pas l’utiliser comme diversion à la communication orale. Les problèmes doivent être discutés et réglés ensemble. Ainsi, il est fortement préférable de parler avant de faire l’amour, notamment pour ne pas transformer le sexe de réconciliation en remède miracle…et éphémère. D’une part, car il serait dans ce cas comparable à un pansement appliqué sur une jambe cassée, d’une autre part, car il pourrait engendrer un schéma relationnel répétitif et mauvais. Si les conflits deviennent le moteur et la source principale du désir, il est important de trouver d’autres moyens pour raviver la sexualité au sein du couple. Trouver du plaisir à faire l’amour dans des moments de détente et de confiance mutuelle est primordial. Dans cette optique, le sexe arrive après la conversation, il ne répare pas la dispute, mais vient y mettre un point final.

Le risque de systématiser le « make-up sex »

Lorsque cet effet négatif s’intensifie, il peut même être à l’origine de nouvelles altercations, comme une condition sine qua non à un acte sexuel satisfaisant. Inconsciemment ou non, la dispute peut être comparée à un préliminaire, car elle fait entrer le couple dans un état d’excitation pré-coït. Le problème, c’est que la violence du conflit reste présente et qu’elle ne peut être un moteur sain à une sexualité épanouissante. Si ce système de fonctionnement vous semble trop fréquent dans votre couple, n’hésitez pas à demander de l’aide auprès d’un professionnel de la santé.

La gestion des conflits, à chacun sa méthode

Si de nombreuses personnes aiment le sexe après un échange conflictuel, ce n’est pas le cas de tout le monde. Il arrive d’avoir besoin de temps, d’excuses répétées ou simplement de préférer se couvrir de câlins. La tendresse est aussi un pilier du couple et elle libère des hormones de bien-être. Il s’agit donc d’écouter les désirs de l’autre et de ne pas forcer les vôtres. Une dispute peut entraîner de véritables blessures, qui demandent parfois plusieurs jours – voire semaines – pour cicatriser. Chacun son rythme et chacun sa façon de gérer les difficultés. Le plus important reste de tenter de se comprendre à travers une approche bienveillante.